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En même temps je dis ça, je ne dis rien, mais je me questionne, quand même. Je ne vais pas te faire le remake de mon épopée de l’été avec madame Pigeon qui a pris mon balcon pour une annexe d’une maternité pigeonnesque en pondant deux niafrons blonds comme les blés dans un pot de fleur – niafrons qui ont mis un temps fou à prendre leur envol, sans omettre au passage de refaire la déco avec leurs fientes et menaçant ma vieille chatte à grands coups de becs – en profitant de mon absence pour cause de vacances à la mer.

Samedi matin, je m’éveille vers 9 heures (je m’étais écroulée la veille à 18 heures sur mon lit, le cerveau complètement lobotomisé suite à ma nuit mouvementée…) et j’entends du bruit dans la cuisine. Aussitôt, j’accuse la vieille chatte. Je me demande ce qu’elle fabrique, mais j’ai la flemme de me lever pour aller voir. Et puis soudain, je l’entends qui respire. La vieille. Elle est dans la chambre. Pas dans la cuisine. Or, dans la cuisine, il y a du bruit. Mais la vieille n’est pas dans la cuisine, puisqu’elle est dans la chambre.

What’s happend ?

Là, deux solutions s’offrent à moi : soit je me planque sous la couette, soit je lève mon cul et je vais voir… Comme je suis courageuse, je choisis la seconde option. J’entre dans la cuisine. Y’a un truc noir, énorme, au plafond, qui pousse des cris, qui se jette sur moi (du coup j’hurle aussi, c’est concerto matinal !) et dans mes cheveux, je sors en courant de la cuisine (sans omettre d’hurler encore, je suis une fille, que diable !). C’est encore un enculé de piaf, qui s’est invité chez moi. J’imagine que le petit malin est passé par le trou d’évacuation des eaux dans la loggia (en voilà un qui a le sens de l’exploration…). Trou qu’il ne retrouve plus. Donc il fout le bordel dans la cuisine. Dans ma cuisine.

Je m’empare de mon appareil photo – une vraie reporter, un truc de dingue – et j’essaye de le prendre en photo, l’animal, sauf qu’il n’est pas disposé à poser et qu’il commence à m’énerver à me voler au ras-des-cheveux comme ça, en mode piqué. Je réussis quand même une photo (il est tout flou mais merde, hein, c’était au péril de ma vie !) et puis j’ouvre la fenêtre. Le pauvre, il croit être sauvé, il fonce ailes déployées… Et s’aplatit sur la vitre (et sinon, ils ont une assurance responsabilité civile les piafs, si jamais ils te pètent un carreau ?). Il tombe au sol, se relève… Et prends son envol. Alléluia.

Pour la petite anecdote finale, fin de matinée, je raconte mon geste héroïque au Mec : j’ai encore sauvé un oiseau, quoi. Et l’autre de me répondre qu’avec le coup sur la vitre, il est très certainement mort d’une hémorragie interne quelques minutes plus tard. Vie de merde.

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