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Le mot de l’éditeur : Ce livre a été écrit sur la base d’un ensemble de témoignages recueillis par la féministe américaine et radicale, Eve Ensler. Elle a interviewé une centaine de femmes différentes à travers tous les Etats-Unis en leur demandant de lui parler de leurs vagins. Elle s’est adressée à des femmes de tous âges, mariées, célibataires, homosexuelles, actrices, professeurs, femmes d’affaires, d’horizons variés. Elle constate qu’il était difficile pour toutes ces femmes de s’exprimer sur ce sujet mais une fois lancées, leur discours se révélait être riche d’enseignements. Pour Eve Ensler, l’énonciation du mot vagin porte en elle-même des vertus thérapeutiques par rapport à la violence sexuelle. A partir de ces entretiens, elle a fabriqué un spectacle, dont le texte nous est donné dans ce livre. Elle parcourt les scènes américaines pour le réciter et un jour de Saint-Valentin, pour un gala new yorkais organisé contre la violence sexuelle, les plus grandes stars du cinéma américain (Glenn Close, Susan Sarandon, Winona Ryder, etc.) ont joué la pièce de théâtre de Eve Ensler.

La pièce a été traduite en plus de 50 langues et jouée dans plus de 130 pays à travers le Monde dont des productions prestigieuses au Westside Theatre Off-Broadway, à New York, et dans le West End à Londres (Obbie Award pour la meilleure pièce en 1996, Nomination aux Olivier Awards en 2002 dans la catégorie meilleur divertissement). Après avoir joué elle même la pièce, à sa création, en 1996 à New York, Eve Ensler décida de créer le mouvement V-Day pour lutter contre la violence faite aux femmes.

J’ai entendu parler de la pièce de théâtre depuis bien longtemps. J’ai toujours pensé que c’était une pièce comique, forcément. Parce que les monologues du vagin, personnellement, cela m’évoque l’idée d’un vagin qui parle (et au fond, c’est un peu ça…). A la lecture du livre, je me dis que finalement, ce ne doit pas être si comique que cela, à certains moments. Parce qu’au-delà d’un ton souvent drôle et impertinent (que c’est bon, l’impertinence !), de ce mot vagin qui semble être l’expression de tant de tabous aujourd’hui encore, le sujet est grave : celui des violences faites aux femmes. Je t’invite à aller sur le site du V-day, mouvement mondial activiste pour faire cesser la violence envers les femmes et les filles, y compris le viol, l’inceste, les coups, la mutilation génitale féminine (MGF) et l’esclavage sexuel.

J’ai souri. J’ai ri. J’ai frissonné. Je me suis rappelée. J’ai eu envie d’hurler. De frapper. De vomir. J’ai profondément aimé cette lecture matinale, en ce dimanche matin, d’un livre qui se dévore (une centaine de pages) et que j’ai eu entre les mains par hasard. Et que j’ai décidé de lire ce matin justement, certainement parce que cette semaine, mon vagin à moi a flippé rien qu’à l’idée de la rencontre annuelle avec monsieur Gygy (gynécologue de profession) (ce n’est pourtant pas si terrible, d’ailleurs ça ne l’a pas été cette année encore, mais ma vie est ainsi faite que mon vagin angoisse systématiquement rien qu’à l’évocation de ce contrôle !).

Vagin vagin vagin.

Et puis au détour de cette lecture… Deux passages… Me font rire. A gorge déployée. Je ne résiste pas au plaisir de les recopier ici.

En 1953, un magistrat instructeur identifia le clitoris comme un mamelon du diable, preuve irréfutable de la sorcellerie chez une femme.

La vente des vibromasseurs est interdite par la loi dans les Etats suivants : Texas, Géorgie, Ohio et Arkansas. Si vous vous faites prendre (par la Police, n’est-ce pas, pas par un vibro, bande de p’tits vagins…), vous risquez une amende de 10 000 dollars et un an de travaux forcés. En revanche, dans ces mêmes Etats, la vente des armes est parfaitement légale. Et pourtant, on n’a jamais vu un massacre collectif causé par un vibromasseur.

Extrait de Technologie de l’orgasme, Rachel Maines.