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Oui, bon, c’est comme ça, le truc qui dure depuis quelques jours, le syndrome de la page blanche. Je n’ai pas grand-chose à dire, encore moins à écrire. Peut-être parce que j’avais hâte, tellement hâte d’être en vacances, de ne plus me presser pour tout faire (sans oublier l’essentiel), que j’en ai oublié ce que j’avais à écrire. Peut-être aussi que je n’avais rien à écrire, dans le fond. Depuis hier, je suis collée à ma méridienne, près du radiateur. Un peu comme dans mes jeunes années de collégienne puis lycéenne, l’année de la seconde étant le paroxysme de cette époque, lorsqu’en classe je n’avais qu’une envie, rêvasser au fond, adossée au radiateur et oublier le reste du monde. Excédée, ma prof de maths de l’époque (une vraie salope) m’envoyait poursuivre mes rêvasseries dans le couloir. Je collais alors mon nez à la fenêtre, aussi glaciale que l’air de ce long couloir donnant accès aux salles de classe en me disant que décidément la vie était (trop) injuste. Et que jamais je n’aimerai les maths. Je confirme, pour les maths. Je n’aime toujours pas. Pour la vie injuste, elle n’est injuste qu’à partir du moment où l’on décide qu’elle l’est, mais c’est un vaste débat dans lequel je ne souhaite pas m’engouffrer aujourd’hui (ni demain, certainement…). Dans ces années-là, quand je n’avais rien à écrire dans mon journal, je dessinais. Des petites fleurs entrelacées. Je dessine encore, mais pas sur ce blog. D’ailleurs je ne saurai pas faire. Et pas l’envie d’apprendre. Je dessine sur mes cahiers, en réunion. J’écoute et je dessine, j’aime bien ces gribouillis qui ne veulent rien dire pour personne, hormis pour moi.

Il y a la dernière page de ce livre que je viens de refermer et déjà, je m’interroge sur le suivant. Lequel lire… Parfois, j’aime ce petit moment de latence, celui durant lequel tant de livres s’offrent à moi en criant, en hurlant un tonitruant « lis-moi moiiiiii ». Et puis parfois, je n’aime pas. Ce matin, c’est un jour où je n’aime pas. J’ai presque envie de me justifier par un « parce que trop de livres à lire » mais je trouve ça injuste d’écrire une injustice pareille justement, j’aime tellement lire. Je n’aurai jamais trop de livres à lire.

« Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux ».

Jules Renard.

C’est terrible parfois, de voir tous ces livres et de ne pas savoir lequel choisir là, tout de suite maintenant.

Et puis je suis fatiguée. Réveillée à minuit, puis 2 heures, puis 3 heures, puis 5 heures par une migraine ophtalmique, ça n’aide pas à être en forme. Alors peut-être que j’ai envie de râler un peu, parce que ça m’apaise quand je bougonne.

En plus, il pleut, le ciel est gris, c’est moche.