Il était 2 heures 16, cette nuit, je dormais. J’ai entendu un bruit violent. Fort. Indescriptible.

Je me suis assise dans mon lit, cherchant à savoir si c’était le bruit d’un rêve (ou cauchemar…?) ou un bruit de la réalité. Puis tout c’est mis à trembler, le bâtiment lui-même. Les vitres. Les murs. Mon lit. Tout. Quelques secondes. Interminables, les secondes.

La vieille chatte (qui ne miaule jamais sauf quand le Dieu Véto lui fait, selon elle, des misères…) a poussé un drôle de gémissement.

Je me suis pensée que c’était bon, que j’allais mourir. Et puis (incroyable mais vrai), j’ai pensé à ma voiture (je suis bassement matérialiste à certaines heures de la nuit) et j’ai sauté de mon lit pour aller voir… Si elle était encore là. Entière, je veux dire. C’était le cas.

Là, juste à quelques mètres, il y avait cet énorme nuage de fumée blanche. Mes voisins du dessous et d’à côté étaient sur le balcon. J’ai entendu au loin les sirènes des pompiers, de la police. En quelques minutes, le quartier était bouclé.

Grelottante, je suis restée quelques minutes sur mon balcon. Le plus difficile à vivre je crois, c’est de ne pas savoir et d’avoir cette angoisse qui s’immisce en soi. Mon voisin du dessous est allé voir. Moi, je ne voulais pas. Voir quoi, en plus…?

Je suis retournée dans mon lit mais je ne me suis pas rendormie. Ce matin en partant au bureau, j’ai croisé la police, dans ma rue, et j’ai demandé ce qu’il c’était passé.

C’est une maison qui a été complètement détruite à  la suite d’une explosion due au gaz. Une femme de 89 ans souffrant d’Alzheimer, habitant seule dans cette maison, était activement recherchée par les secouristes ce matin. Il ne restait plus qu’un tas de gravats, de débris de verres et de morceaux de parpins à la place de cette maison située dans une impasse, au milieu d’une zone pavillonnaire. Des débris ont été projetés à plusieurs centaines de mètres du lieu de l’explosion. Cinq personnes ont été évacuées dans les habitations avoisinantes mais aucun blessé grave n’est à signaler. Les enquêteurs et les secouristes privilégient la thèse de l’accident, un robinet de gaz ayant vraisemblablement été laissé ouvert par l’habitante de la maison.