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Voilà quelques jours (c’était ce mardi 25 octobre 2011), Drinne m’a demandé quel était l’avenir de mes livres lus, j’ai trouvé la question très intéressante (certainement parce que mon relationnel vis-à-vis de cette question s’est parfois posé en termes délicats pour ma conscience…) et je me suis donnée quelques jours pour y répondre (sachant que depuis mardi je n’ai absolument rien écrit sur ce sujet et que je me lance donc en improvisation totale sur cette question d’importance…).

Photo d’une partie de ma PLAL

(dans laquelle il y a une cinquantaine de livres).

Dans ma PLAL virtuelle, il y a actuellement…

583 livres (si si).

Revente, prêt, destruction ? Revente, non. Je n’y ai jamais pensé. Prêt oui, mais par conséquent, je récupère. Destruction jamais, quand bien même s’agirait-il d’un livre que je n’ai pas aimé. L’idée de détruire un livre m’évoque cette scène d’histoire (qui fut hélas loin d’être la seule, mais j’ai visionné ces images jeune et cela m’avait violemment marqué…), à Berlin, quelques mois après l’accession d’Hitler au pouvoir, lorsque ses partisans, encadrés par des SA, se livrèrent à un gigantesque autodafé, brûlant les livres jugés néfastes et dangereux à la « santé morale de l’Allemagne ».

Stockage ? J’ai des bibliothèques. Deux. Evidemment, j’aimerai en avoir plus mais c’est aussi une question de place. Sur ces bibliothèques, les livres sont alignés, rangés et d’autres livres viennent s’empiler sur les livres alignés & rangés (mais en mode vrac, j’avoue…). J’ai aussi, dans un coin de ma chambre, une pile de livres à lire conséquente. J’aime les livres, parce que j’aime lire certes, mais aussi parce qu’un livre, je trouve ça beau, qu’il soit broché ou en format poche, chez moi c’est un élément incontournable de mon univers. J’ai besoin de livres autour de moi pour me sentir « bien ». Il y en a donc dans toutes les pièces pratiquemment, les toilettes étant par contre le lieu d’accueil quasi-incontournable des BDs.

Recyclage (en abri pour pigeons par exemple), chauffage (puissance calorifique), cadeaux (à moindre coût), armes (contre les voisins qui hurlent) : je ne recycle pas mes livres, l’idée ne m’est jamais venue à l’esprit, d’autant que j’ai viré mes pigeons (oui, enfin…) et qu’après avoir passé des heures à récurer les fientes la construction d’un abri, même avec des livres, irait à l’encontre de toutes mes convictions ; que je suis chauffée convenablement et que je ne possède pas de cheminée ; qu’il ne me viendrait pas à l’esprit de lire un livre avant de l’offrir (par contre offrir un livre et quémander pour le lire ensuite, je pratique régulièrement…) et que frapper mes voisins avec un livre serait une ignominie sans nom pour le livre utilisé à ce vilain forfait.

Quand je lis un livre… Et que je referme la dernière page…

La plupart du temps, je le prête. A ma mère, à mes sœurs, à ma marraine, à des copines. Parce que j’aime partager mes lectures. Mais c’est venu assez tard, cette envie de partager mes lectures. Voilà quelques années, je ne prêtais pas mes livres, parce que je détestais rien que l’idée qu’on ne me les rende pas (j’ai en mémoire quelques crises mémorables à ce sujet…). Et puis j’ai appris à faire don d’un livre, malgré moi. Parce que c’est ainsi, parce qu’il me semble qu’un livre au final, n’appartient à personne (pas même à moi) et que sa plus belle destinée est d’être lu par d’autres (plein plein d’autres). J’aime assez l’idée du bookcrossing, même si je ne m’y suis pas encore mise.

Je détestais aussi que l’on me prête un livre. Parce qu’il me fallait alors le lire en me disant qu’il me faudrait le rendre et je trouvais cette idée tellement cruelle. Et puis l’amour de lire a pris le pas sur la simple notion de possession du livre… Et c’est avec plaisir que j’ai commencé à aimer ces livres que l’on me prête (et que je quémande).

Mes livres préférés, je les range dans ma bibliothèque. Certains ont une histoire, d’autres éveillent en moi une évocation particulière. Je ne relis jamais un livre lu, mais j’aime certains livres au point de les garder rien que par plaisir personnel. Quand les livres deviennent trop nombreux, je fais un tri. Léger, le tri. Puis je donne.

Donc, je donne certains livres. Ceux que je n’ai pas aimés, essentiellement. Je les donne en me disant que peut-être, ils plairont à d’autres. Je les donne avec l’idée que ceux-là, je ne souhaite pas les revoir un jour, dans l’une de mes bibliothèques. Je donne aussi certains livres qui hantent mes bibliothèques plus qu’ils ne les habitent. C’est le fameux « léger tri ».

Et puis cet été… J’ai rencontré le livre électronique. J’ai hésité, longuement, parce que j’aime tellement « le livre papier ». Et puis je me suis demandée pourquoi choisir, après tout. Pourquoi ne pas lire simplement, en version papier ou bien en version électronique, selon le format dont je dispose, ce livre qui me fait envie… ? Mes livres électroniques, je les range dans une bibliothèque virtuelle. Et puis quand une personne me dit « j’aimerai lire tel livre » que j’ai lu et commenté, en général je transforme ce livre électronique en version PDF afin de le lui transmettre par courriel.

Parce que je trouve qu’il n’y a rien de plus beau, de plus bon, de plus agréable, que de partager ses lectures et que ces livres qui s’échangent et se prêtent par le biais des bibliothèques municipales, doivent aussi pouvoir s’échanger et se prêter par le biais des bibliothèques de chacun.