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Bonjour, je m’appelle Lôla Peste, je suis boulimique de fringues et je me soigne. Là, je suis en rémission.

Depuis quelques jours, je range. Je range mes fringues, je tente de trier (pour donner) mais sans réel succès. Entre chaque période de tri, je fais une pause plus ou moins longue, parce que psychologiquement, c’est assez épuisant.

Je constate ainsi que j’ai acheté…

  • Des fringues que je n’ai jamais portées (et qui ne le seront sans doute jamais), et qui arborent encore (fièrement) l’étiquette du prix. Fourrées au fond de mon dressing. Quasi-oubliées.
  • Des fringues parce qu’elles m’allaient, pas parce qu’elles me plaisaient. Je pourrais appeler ça le syndrome du « cul nu » ou du « vêtement alibi », ou comment avoir l’angoisse permanente de ne jamais rien avoir à se mettre, en conclure par la philosophie quelque peu tonitruante de:  « toute fringue dans laquelle je rentre est à acheter ». Porter les fringues en question, c’est une autre dimension.
  • Des fringues pour quand j’aurai maigri. Parce que forcément, ça va bien finir par m’arriver un jour, ce truc-là, hein.
  • Des fringues qui me plaisaient, qui me plaisent toujours mais que jamais je ne pourrai porter. Parce qu’une fois dedans, quand je me regarde sur pied, y’a un truc qui cloche (et souvent, je ne sais pas quoi…) (du coup peut-être que c’est moi qui cloche, non ?).
  • Des fringues horribles. Moches. Difformes. Et surtout, 3 tailles au-dessus de la mienne parce que je me disais que plus c’est large, moins on me verrait dedans. Erreur.

Depuis quelques mois, je me soigne. Quand je pars faire du shopping et que j’ai un coup de coeur (= je deviens fébrile, en transe, il me faut cet article absolument, ma CB est déjà dégainée, je tremble, je frissonne, je bave !), je me pose. Contre un mur, contre un portant, contre n’importe quoi. Je ferme les yeux, j’inspire, j’expire. Je réfléchis. Je me raisonne. Je réponds mentalement à ma check-list shoppinguesque : est-ce que je rentre dans cet article (maintenant, pas quand j’aurai maigri….), est-ce que cet article me plait vraiment, est-ce que je ne possède pas déjà cet article en similaire et en je ne sais combien de fois, est-ce que j’ai besoin/envie de cet article ou bien est-ce juste un instinct de possession de la chose dans mon dressing…? Après quelques minutes de relaxation, en général je repose l’article. Je crois que la dernière fois que j’ai acheté des fringues, c’était en septembre, lors du grand prix du cinéma de ELLE. Une échappée de quelques minutes, parce que c’était les dix jours de Camaïeu et qu’il fallait que j’y aille. J’ai acheté un jean et une robe en jean (oui, je kiffe le jean). La robe en jean, je suis allée la rendre, parce qu’une fois de retour chez moi j’ai réalisé que j’avais presque la même (à une couture différente…) dans le dressing (comme quoi parfois, l’exercice de relaxation ne fonctionne pas…).

Récemment, il y a eu les dix jours Camaïeu, de nouveau. Je me suis dit que j’allais y aller.  Après, je me suis dit que je n’avais besoin de rien. Mais envie de tout. Et ce n’est pas d’envie dont je me sape. Je me suis apaisée, et quelques tisanes à la verveine plus tard… Je ne suis pas allée aux dix jours.

La boulimie de fringues, au fond, c’est comme la boulimie alimentaire. Faut que tu enfournes, que tu remplisses, jusqu’à ce que tu n’en puisses plus. Après, tu culpabilises. Tu n’assumes pas, tu te dis que tu ne recommenceras plus. Jamais jamais plus. Jusqu’à la prochaine fois.

Et puis un matin, tu te réveilles et à la question « pourquoi je bouffe/je compulse dans les fringues », tu décides de répondre même s’il ne peut y avoir juste une réponse. La mienne, c’est parce que je fuis. Je fuis le regard des autres, certes, mais surtout le mien.

Et puis un matin, tu décides que tu es adulte et que tu as envie de guérir de cette addiction-là dans laquelle décidément, tu ne t’épanouis pas. Tu décides que ce ne doit pas être compliqué de s’assumer, avec des qualités et des défauts. Et même si le chemin te semble long et semé d’embûches, tu ramasses ton sac et tu commences à le parcourir. J’ai commencé à marcher en novembre 2010 et une année plus tard… Je me dis que même si je ne suis pas arrivée au bout, je suis fière du chemin parcouru.