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Hier matin déjà, j’allais mieux. La migraine s’était cette fois estompée pour de vrai, ce qui m’usait un peu plus les nerfs (mais juste à peine, vraiment…), c’était toutes ces personnes – ayant certainement fait des études de médecine – et qui soudain, me dispensaient je ne sais combien de conseils à suivre – heureusement que je n’écoutais pas, je n’aurai jamais pu faire tout ce qui m’était si soudainement préconisé ! – pour mes migraines, chacune y allant de son diagnostic (il faudrait que tu fasses un scanner pour détecter une tumeur (sic), tu lis trop (ah nan ?), ce sont tes cervicales (bah ?), tu manges trop de chocolat (fuck le régime), tu es trop stressée (si tu savais justement, combien je le suis bien moins par rapport à l’an passé…), liste non exhaustive évidemment…). Du coup, j’hésitais presque à me rendre au rendez-vous avec le neurologue, le 21 novembre, tellement j’avais des personnes qualifiées autour de moi et soucieuses de ma santé. Je sais bien que les conseils partent généralement d’un bon sentiment *soupir * mais flûte quoi. Je ne demande pas de conseils. Dans l’état où je suis (enfin, où j’étais), je demande juste le silence. Le repos. Je suis perturbée, je n’ose plus quitter mes lunettes parce que oui, je souffre de migraine ophtalmique. Le pire c’est que mes z’oeils ont systématiquement 10/10 à l’interrogation orale de madame l’ophtalmologue, mais il y a cet enfoiré de strabisme qui fait que… Je porte des lunettes. Enfin, strabisme… Je ne louche plus. J’ai juste une coquetterie dans l’oeil (ça le fait, non ?). N’empêche. Et donc, hier, je me disais que depuis dimanche soir, je n’avais plus ouvert un livre. Pas lu une page. Je suis orpheline de lecture. C’est étrange, pour une personne telle que moi, qui aime lire et ne se balade jamais sans un livre. Mon kiné, en me voyant mardi, l’a de suite remarqué « tiens ! c’est la première fois que je vous vois sans un livre, vous ! ». (Et ça me va bien ?). Je lui ai raconté. La migraine. Mes muscles fessiers. Et mon angoisse de la migraine, aussi. Et pas de livre. Pas de cinéma non plus. Pas de télévision. Pas de musique. Rien. Juste ce silence ouaté autour de moi, cette absence de mon quotidien, parce que j’ai eu tellement mal que soudain, j’ai eu peur de tout.

Ce matin, je vais encore mieux. J’envisage l’hypothèse d’ouvrir un livre ce soir. J’envisage d’aller au cinéma. J’envisage d’écouter la radio et de chantonner comme j’aime à le faire. Mais avec cette petite voix dans ma tête (elle pourrait quand même se loger ailleurs !) qui clame « prudence ». Ma prochaine migraine – si prochaine migraine il y a – me terrorise déjà.

N’empêche, qu’est-ce que la vie est belle, sans migraine.