Sans raison particulière.

Mais pour des raisons diverses et variées, comme…

– Foirer sa manucure la veille, manucure pour laquelle l’on s’était pourtant divinement bien appliquée. Décider de s’enfoncer les doigts un à un dans le bain dissolvant express de Séphora afin de remédier au problème et grincer des dents parce que le dissolvant sur les petites peaux arrachées du bout des dents, ça fait mal (se jurer à tout va que l’on réfléchira à deux fois avant de récidiver dans l’arrachage des petites peaux à l’avenir, vilaine fille !). S’interroger sur la nécessité de se refaire une manucure. Réfléchir à l’éventualité de prendre rdv dans une Onglerie.

– Dire au Mec « je suis ronchon ». Dans une vaine tentative de le prévenir que si jamais il avait le malheur de prononcer la réflexion qui ne convient pas, la transformation en vieille harpie du lundi serait immédiate et irrécupérable pour la journée à minima. L’entendre répondre « Pour quelle raison ? ». N’en avoir aucune à donner, dans l’absolu. Etre juste ronchon. L’entendre conclure en riant « alors tu n’as pas à être ronchon si tu n’as pas de raison…! » (ha ha ha je me gausse). Hésiter entre le haïr ou changer de Mec. Pousser l’argumentaire en se disant que les deux options sont possibles. Très envisageables. Totalement réalisables.

– Avoir atrocement mal au ventre (en sus de la bouche pâteuse). Savoir d’où vient le problème, puisque depuis vendredi, l’alimentation laisse cruellement à désirer (des jours meilleurs ?) (un pot de cornichon dans le week-end notamment, oh my God…) (le vinaigre aura ma peau !). Souffrir. Envisager de se filer des baffes. Se promettre de manger mieux. Arrêter de se plaindre quand l’on souffre par sa faute uniquement et s’engager promptement à agir. Se mitonner un velouté d’aubergine pour le dîner.

– Pester contre une crise d’eczéma. Se gratter, pour émettre ensuite le dramatique constat que cela brûle encore plus. Se gratter et regratter encore et encore, de toute la longueur de ses ongles. Frôler l’éventualité de se couper les ongles (ah non, merde alors !). Ou de continuer de se gratter. Souffrir en silence. Non sans omettre de consciencieusement s’enduire de Cold Cream et râler à cause des fringues qui collent à la peau et que la sensation est épouvantablement désagréable.

– Ne pas savoir comment s’habiller, conclure par un mental « je n’ai rien à me mettre de toute manière parce que je suis trop grosse ». Regarder cette jolie tunique grise à rayures, se dire que si l’on rentre dedans, la vie est belle. Et que si l’on ne rentre pas dedans, on retourne se coucher. L’essayer. Réussir à rentrer dedans, ne pas se trouver trop grosse mais avoir la folle furieuse envie de retourner se coucher quand même.

– Regarder le calendrier, décompter une, puis deux, puis trois, puis quatre semaines avant les vacances. Soupirer d’effroi.

– La fin de journée achevée, rentrer enfin chez soi, se mettre en tenue cocooning, se vautrer sur la méridienne, lire ses courriels et….

Avoir l’extraordinaire surprise d’apprendre que sous le sapin bientôt…

My Little Christmas Box tu trouveras.

Hurler de joie (fuck les voisins).

Et savourer cette plénitude innatendue.

Morale de la journée, le bonheur, c’est simple comme un courriel….!